Auteur à la carrière aussi fertile que variée, Griffo (de son vrai nom Werner Goelen) fait partie de ces créateurs qui n'ont jamais su se confiner dans des frontières mentales ou culturelles. Remarquable polyglotte (il s'exprime couramment en néerlandais, français, espagnol, anglais et allemand), Griffo a toujours fait preuve d'un éclectisme culturel qui souligne son esprit d'ouverture sur le monde.

Né le 21 mai 1949 à Wilrijk de descendances italiennes et ayant vécu en Belgique et aux Pays-Bas, Griffo est depuis plusieurs années parti s'établir aux Canaries. Envisageant d'abord de prendre Milio comme pseudonyme (nom de son grand-père), il se décida pour Griffo sans se douter qu'un jour en arrivant à Lanzarote, il y découvrirait l'existence d'un vignoble nommé 'grifo'. Griffo a fait ses classes à l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers où il a été admis en 1964 à l'âge de 15 ans. En 1971, sitôt ses études achevées, il entre dans la communauté artistique Ercola, puis commence par produire quelques bandes pour la presse «underground». Parallèlement, il réalise des illustrations pour des revues féminines et des caricatures de rock-stars pour les magasines Spruit, Mimo, Extra et Humo, le grand hebdomadaire de télévision néerlandophone créé par Dupuis. Mais, c’est aux Editions du Lombard que son parcours dans la bande dessinée débute réellement.


Lorsqu’il se présente au Lombard, Griffo tombe à pic. Mittéï qui, après Attanasio, a repris les gags de Modeste et Pompon lancés en 1955 par Franquin, s’en va chez «Spirou»: on cherche un jeune dessinateur susceptible de lui succéder! «J’ai tout de suite saisi l’occasion. Ce n’était pas vraiment le style de BD qui me plaisait, mais c’était l’opportunité d’entrer à "Tintin", de me familiariser avec les contraintes du métier et de  me faire connaître des 7 à 77 ans.» En 1975, outre une planche par semaine  de Modeste et Pompon, il assure l’animation de mini-récits humoristiques pour le trimestriel «Tintin-Sélection» sur un scénario de Monique Wally Plusieurs mini-séries verront donc le jour comme
 
Bonus, le rapetitout !, Le Testament de Bonifacius IV, Dave Donoghue, OE3 Jeremiah Jones
Du coup, Griffo se reconvertit dans la publicité. Fin 1982, il accomplit un retour remarqué dans la BD classique en illustrant une aventure de Bob Wilson sur un scénario de Danny De Laet. Cette réalisation fera l’objet d’un album édité par les Editions Deligne.

Stimulé par cette expérience, il prend le risque de rompre avec la sécurité de son emploi de publicitaire et de se lancer dans la profession plus aléatoire de dessinateur de bandes dessinées réalistes. «Cette passion, dit il, m’habitait depuis l’enfance et je m’étais toujours promis de l’assouvir.» En 1984, Griffo propose ses services à la Rédaction de «Spirou». Ph. Vandooren qui en est alors le rédacteur en chef, lui commande la mise en images d’un scénario écrit par un certain J. Van Hamme et initialement conçu pour la télévision. Son titre: «SOS Bonheur».

Deux ans plus tard, Griffo se laisse à nouveau persuader de dessiner pour «Spirou», les enquêtes de Munro imaginées par J.F. Di Giorgio («Shane»/Le Lombard). Après trois albums, il cède toutefois les pérégrinations de ce détective à Taymans.

C’est alors surtout qu’il fait une rencontre déterminante, celle de J. Dufaux. Ensemble, ils entreprennent la série «Beatifica Blues» pour Dargaud. Glénat la rééditera en 1992 et la poursuivra sous le titre de «Samba Bugatti» Par la suite, leur intérêt pour le XVIIIe siècle et les "Vedustisti", les célèbres peintres paysagistes vénitiens, les amènent en 1987 à créer Giacomo C, une série inspirée des aventures de Casanova. Ils inventent donc les exploits galants de ce gentilhomme vénitien du 18ème siècle. En 1991, ils ont en outre consacré un album au célèbre Marquis de Sade. En 1994, mais pour la collection «Aire Libre» de Dupuis cette fois, le duo signe le premier des deux tomes du mémorable «Monsieur Noir».

En 1996, au Festival d’Angoulême, Griffo fait la connaissance de P. Cothias. C’est le type de scénaristes dont il aimerait mettre en cases l’une ou l’autre création. Il a cependant toujours hésité à le solliciter. Pourtant... Séduit par le dynamisme de son trait et l’expressivité de ses images, Cothias souhaite également le rencontrer. C’est lui qui franchira le premier pas! La superbe épopée de «Cinjis Qan» qu’ils retracent pour Glénat prouve que cette rencontre était une étape obligée dans l’itinéraire de ces deux grandes pointures du 9e Art. Et «La Pension du Docteur Eon» a conforté l’évidence de ce rendez-vous artistique.

Pour le dessinateur, la publication de cet étonnante série dans la prestigieuse Collection «Signé» du Lombard est plus qu’un simple retour aux sources. Griffo a été primé par la Chambre belge des Experts en Bande dessinée (CBEBD) pour «M. Noir» (avec Dufaux) en 1995.

Mai 2000 voit la sortie d'une nouvelle série "Vlad" dans la collection Troisième vague Lombard avec Yves Swolfs au scénario. Toujours à la recherche de son frère et de l'attaché-case contenant des dossiers ultrasecrets, Vlad Zolkoff fonce à travers les steppes de Russie...

Septembre 2003 voit la sortie d'une série en deux volumes "Le Petit Miracle" aux Éditions Soleil avec Valérie Mangin au scénario.

Octobre 2006 a vu la sortie d'Ellis. Cette série est scénarisée par Sébastien Latour et éditée par Le Lombard. L'intrigue se déroule à New York. La ville est en proie aux tempêtes oniriques. Seul, le groupe Ellis peut arriver à combattre ses cauchemars.

 

En mars 2008, Griffo a participé à un collectif chez Glénat où il a pris en charge les couvertures et la majorité des planches de cette série intitulée L'ultime Chimère. Cette série est scénarisée par Laurent-Frédéric Bollée.

 

D'autres projets verront le jour en 2008. Griffo travaillant avec Stephen Desberg sur un autre collectif qui cette fois-ci sera publié chez Dargaud. La série s'appelle Empire USA.

 

Une rencontre exceptionnelle entre Griffo et Yslaire va permettre à ces deux ténors de la bd de s'unir pour créer une suite de la très célèbre histoire des Sambre. Elle s'intitule la Guerre des Sambre et est aussi basée sur le mode collectif où chaque dessinateur s'est vu attribué une période précise de l'histoire.

 

Griffo va aussi retravailler avec un(e) scénariste avec qui il a déjà travaillé. Plus de détails bientôt

Griffo avance aussi sur l' histoire qui raconte la vie des premiers habitants des Canaries (les Guanches). A l'époque de "la conquista" espagnole, au début de la Renaissance, les espagnols sont tombés sur un peuple néolithique qui ne connaissait pas le fer, mais qui était capable de faire des momies. L'histoire serait centrée sur un type qui voyagerait dans le temps par l'intermédiaire d'un shaman.......
Pour cette histoire il sera pour la première fois aussi aux commandes du scénario.


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